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Jacques-Henry Ménard

Jacques-Henry Ménard est un homme dont on sent qu’il aime les choses simples mais parfaites, ce qui est rare !Accueilli par le CRE-NC du 27 septembre au 16 octobre 2011, Jacques Henry Menard, Membre de l’association France dressage, ancien cavalier international, juge international et coach international de dressage a transmis avec passion son savoir aux cavaliers et aux juges de dressage calédoniens.
Il a dédié sa vie au cheval, bravant les ambitions paternelles qui l’attendaient ailleurs, au passage d’une faculté de droit dans laquelle il refusa tout net de s’inscrire. La réponse fut simple : « je lui ai dit que je ne voulais pas faire mon droit mais que je voulais être professeur d’équitation ! Il était renversé et désolé et m’a répondu, c’est un métier de sous officier, je te souhaite bonne chance, en attendant tu vas aller faire ton service militaire et tu auras peut être le temps de réfléchir ».Le décor est planté. Installé pendant deux ans au 5ème régiment de Dragon à Besançon, il reconnaît qu’il été assez gâté puisqu’il était détaché auprès des chevaux du Colonel. « Ma seule tâche était de sortir ses trois chevaux tous les jours et j’avais un palefrenier qui me préparait mes montures (... ) cela n’a donc pas été un service militaire très éprouvant ».Mon père m’avait laissé un an pour préparer mon examen, si dans un an tu ne l’as pas, m’avait-il dit, tu iras travailler à la chaine chez Renault !A son retour, son père, constate, navré, que le temps n’a pas orienté la décision de son fils vers une carrière plus « convenable ». Le jeune Ménard est donc envoyé au cercle hippique de Chantilly, commandé par le Colonel Lafargue, qui avait été tenu par le renommé Colonel André Jousseaume 1.« Il y avait donc une très bonne cavalerie ce qui m’a permis d’apprendre les rudiments du dressage français, je tiens bien à le préciser ».Pour autant l’ultimatum paternel plane toujours sur l’avenir du futur cavalier olympique : « Mon père m’avait laissé un an pour préparer mon examen, si dans un an tu ne l’as pas, m’avait-il dit, tu iras travailler à la chaine chez Renault ! Alors je peux vous dire que j’ai mis le paquet, parce que quand mon père disait quelque chose c’était irrévocable ».En 1966 il obtient son monitorat, en 68 son instructorat et en 1971 son professorat. C’est à cette date qu’il quitte le club hippique où il était employé pour monter son écurie. Inspiré quant au choix de ses chevaux il gagne le Derby de la Baule avec une jument qu’il vend aux anglais ! « Cela m’a permis d’offrir ma première maison à ma femme et mes enfants ».Il achète ensuite un cheval du nom de Monseigneur avec lequel il est sélectionné pour les JO de Montréal en complet. « Evidemment, l’année avant les JO, tout le monde cherche des chevaux et l’entraineur de l’équipe suédoise m’a offert beaucoup d’argent pour ce cheval. Alors entre les honneurs sans profit des Jeux Olympiques et une somme relativement rondelette et même confortable, je l’ai vendu. Quand on débute dans la vie on en a besoin ! »Ali A, cheval qu’il achète à Dominique Desmée, le propulse vers ce qu'il nomme modestement une "belle carrière"Grâce à la formation de dressage dont il a bénéficié au cercle hippique de Chantilly, Jacques-Henry Ménard gagne de nombreuses épreuves en dressage et en concours complet. « J’avais beaucoup de copains de complet qui m’ont confié leurs chevaux pour les dresser parce qu’ils n’étaient pas trop dresseurs et petit à petit j’ai fait de plus en plus de dressage ».Un des grands tournants de sa carrière se nomme Ali A, un cheval qu’il achète à Dominique Desmée. « Cela a été le début d’une carrière, je ne pourrais pas dire brillante car cela manquerait de modestie et un cavalier se soit de l’être, mais d’une belle carrière » reconnaît-il.  A Ali A, succède Epsom avec lequel il fait les championnats d’Europe et les championnats du monde, puis Pharao avec lequel il est présélectionné olympique pour Barcelone en 1992. Jacques-Henry Ménard a monté dans tous les grands terrains d’Europe y compris Aix la Chapelle où il a été 2ème par équipe à la Coupe des Nations, 4ème aux championnats d’Europe à Goodwood alors que cette année (2011) la France était 15ème sur 16 : « on étaient peut être un peu plus brillants » soupire t-il.Aujourd’hui juge international 4 étoiles et également entraîneur, Jacques-Henry Ménard sait ce que les juges veulent voir et, surtout, est obsédé par le travail juste du cheval.C’est grâce à Thibaut Damas, Conseiller Technique Régional de Nouvelle-Calédonie, qu’il rencontre aux débuts des années 90 et avec lequel il se lie d’amitié que les enseignants et les cavaliers calédoniens ont pu profiter de ses conseils. Il a également fait de la formation de juges de dressage dont le Territoire a bien besoin.
Quand on est juge il faut être courageux !
« J’ai surtout insisté sur la biomécanique et le bon fonctionnement musculaire et articulaire du cheval. C’est essentiel de sensibiliser l’œil du juge sur cet aspect. Ensuite, la grosse difficulté c’est l’évaluation du mouvement. Ca c’est très important parce que quand on est juge il faut être courageux ! Il faut savoir mettre des 8 et des 9 mais aussi des 4 et non pas être ce qu’on appelle des juges fluctuants, calmes, inodores et sans saveur, qui ne descendent pas au dessous de 5 et ne dépassent pas 7, comme ça ils ne prennent pas de risque, mais ça ne donne pas des jugements révélateurs et valables ! ».Les personnes qui ont suivi sa formation sont unanimes : c’était limpide, ça paraissait si simple !

Jacques-Henry Ménard entouré de Thibaut Damas, conseiller technique régional de Nouvelle-Calédonie et de Michel Roulet, président du CRE-NC
Pour les cours dispensés aux enseignants et aux cavaliers Monsieur Ménard insiste aussi sur la simplicité des choses avant d’espérer qu’elles soient réussies.« J’ai beaucoup insisté sur le travail et l’orientation de la ligne du dessus du cheval. Je leur ai expliqué pourquoi et dans quel but c’était essentiel, de même que la fonction musculaire, la biomécanique etc…. et j’ai aussi particulièrement insisté sur les transitions car je suis absolument convaincu que c’est le plus important. Un travail linéaire avec un cheval qui trotte sans arrêt, sans rien faire, sans variation d’équilibre sans transition cela n’a aucun intérêt ! » Ce sont pour lui les assouplissements de base !
« Ici, j’ai surtout insisté sur la biomécanique et le bon fonctionnement musculaire et articulaire du cheval! » « J’ai essayé d’inculquer ce qu’était la tension et pourquoi, s’ils perdent le contact de la main, ils perdent la tension et ne peuvent rien faire ».L’obsession de Jacques-Henry Ménard se résume à des choses simples sans lesquelles on ne peut rien faire. Il chasse les doigts ouverts, les mains trop lâches, ses yeux de lynx ne laissent rien passer, il rectifie, ajuste, sermonne, encourage dans l’espoir d’avoir des chevaux « un peu plus entre la main et la jambe ».Il insiste sans relâche sur l’incurvation et la courbure : « on ne peut dresser un cheval et l’amener au rassembler que par l’incurvation ! ».Quand on lui dit que le dressage est une discipline plus austère, il rétorque d’un revers des yeux qui montent au filet pour un smatch sans appel : « C’est une discipline passionnante à partir du moment où elle est bien comprise ! Le problème c’est qu’il y a très peu de gens qui savent l’expliquer ! »Pour lui, le plus important est l’harmonie musculaire et la fonction musculaire et articulaire du cheval. « C’est un peu comme si vous conduisez une voiture et que vous entendez que votre moteur ne tourne pas rond. Vous allez chez le garagiste non ? Et bien c’est la même chose en équitation, quand vous avez un cheval qui ne va pas, il faut faire quelque chose. Il doit être là (il montre avec les mains), tendu sur son mors et c’est ce que j’ai essayé d’inculquer ».
« En Nouvelle-Calédonie, vous êtes en voie de développement équestre, mais en bonne voie et cela grâce au travail de votre CTR ».
« J’espère qu’ils ont compris et je pense qu’on est même parvenu à résoudre certains problèmes d’irrégularité voire de boiterie par le fonctionnement juste du dos ».Quand on lui parle du niveau des cavaliers, on obtient un revers de fond de cours : « Il faut comparer ce qui est comparable : ici vous êtes en voie de développement équestre, mais en bonne voie et cela grâce au travail de votre CTR ».Même chose pour les chevaux : « Il y a très peu de chevaux de dressage en Calédonie. Il y a des chevaux ! Certains sont de bons chevaux, je les ai regardés en Hunter, certains ont quelques allures, certains feraient même de très bons chevaux de complet en métropole mais en chevaux purement de dressage, je n’ai vu que deux ou trois très bons jeunes chevaux, qui en métropole tourneraient à 76 de moyenne ce qui les mettrait dans les 20 premiers français ».Jacques-Henry Ménard aura écumé la Calédonie du Sud au Nord. Sans se départir de son humour pince sans rire, il conclut : « Il faut qu’ils continuent à travailler comme je le leur ai dit et si c’est bien exécuté, ils ont pour six mois de boulot avant de me faire revenir ! » Myriam MassonSi vous souhaitez joindre Jacques-Henry Ménard : jh.menard@hotmail.fr - Portable : +33 6 09 03 55 69
1 André Jousseaume a été médaillé olympique de dressage à 5 reprises - 1932 Médaille d'or par équipe - 1936 Argent par équipe - 1948 Or par équipe - Argent Individuel) - 1952 Bronze Individuel
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