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L'éditorial de Jean-Luc Force

Rédiger un éditorial n’est pas une mince affaire. C’est tout à la fois un honneur et une responsabilité. Coucher par écrit une analyse, des impressions, sensations, n’est jamais totalement anodin. Ce ne sera de toute façon que la perception d’une minuscule expérience au sein de l’univers équestre de votre petit bout de paradis. Mais bon chose promise, chose due !

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"J’ai essayé de sensibiliser les cavaliers
à la recherche du cheval juste"

Minuscule mais sympathique temps de vie, et je tiens à remercier toutes les personnes qui en ont été actrices. Merci pour la chaleur humaine, le respect et l’écoute, pour cette envie de partage, cet altruisme et disponibilité dont j’ai été entouré. Vous vivez dans un lieu magnifique, vous aimez et savez le faire découvrir. J’en ai profité un petit peu, et cela m’a donné envie de mieux le connaître.
Je trouve motivés et méritants tous ceux qui s’engagent autant dans la chose équestre, alors que la mer et l’île sont là avec tous leurs attraits, et que les conditions ne sont pas toujours les plus favorables pour pratiquer une équitation sportive. J’ai beaucoup apprécié l’engagement des enseignants faisant preuve de réelles compétences, mais aussi celui des élus donnant de leur temps sans compter, et bien sûr des cavaliers, un ensemble d’acteurs convergeant tous vers le même but.

"Nous devons représenter sécurité
et confort pour nos chevaux, alors
que les débuts génèrent souvent l’inverse."

Pour avoir toujours milité en ce sens, je suis très sensible à la démarche de formation professionnelle à laquelle je viens d’être associé. Je pense que c’est un des axes forts permettant de compenser les déficits dus à l’isolement et l’éloignement que vous subissez inévitablement. J’espère que vous pourrez continuer à la mettre en œuvre très régulièrement. Il est à mon sens important de bien en définir les objectifs à moyen et long terme, afin de construire une bonne dynamique, faire évoluer le niveau des prestations proposées, et couvrir le champ des besoins.
J’ai souhaité placer mon intervention dans ce contexte global, en revenant sur des notions fondamentales qui à mon sens doivent permettre de repréciser un langage commun. C’était le vœu du Président, et j’y souscris totalement. Je pense qu’il était intéressant de revenir à la base de l’éducation du cheval, revisiter les différents procédés permettant de conduire son apprentissage, échanger sur la progression à mettre en œuvre en fonction des objectifs et du public. Nous sommes restés sur des choses simples, mais tellement importantes pour établir un ancrage solide.

"Je pense que nous devons rester vigilants, même si nos élèves nous incitent souvent à déroger, afin de conserver la cohérence de notre démarche pour un bénéfice à long terme."

J’ai essayé de sensibiliser les cavaliers à la recherche du cheval juste. Elle passe par la connaissance et maîtrise des exercices de mise sur la main permettant de développer la perméabilité et la souplesse des chevaux. Je pense que le plaisir de monter à cheval est lié à la qualité de la relation que nous instaurons avec notre monture.

Cette connivence qui s’installe est due à la bonne communication que nous réussissons à créer. Nous devons représenter sécurité et confort pour nos chevaux, alors que les débuts génèrent souvent l’inverse. Le chemin menant au bon fonctionnement et à l’osmose n’est pas toujours aisé à trouver, et à parcourir « sans sorties de route ». Nombre de cavaliers ont tendance à chercher des raccourcis qui malheureusement les détournent toujours du véritable objectif.Je pense que nous devons rester vigilants, même si nos élèves nous incitent souvent à déroger,  afin de conserver la cohérence de notre démarche pour un bénéfice à long terme, et pour le bien de nos chevaux. C’est à mon sens l’une de nos responsabilités d’éducateur.

"La performance bien conçue doit être liée à la qualité de l’équitation pratiquée"

Il m’a été permis d’assister à une compétition sur le joli terrain de l’hippodrome. Outre les aspects sportifs et ludiques de l’événement, j’ai cherché à réfléchir à l’intérêt qu’il pouvait représenter dans votre contexte. Je crois complètement à la notion d’échanges qu’il favorise, de dynamique qu’il crée, d’objectifs qu’il représente. Je pense toutefois que nous devons rester attentifs à ce que la compétition mise en place apporte bien de « l’eau à notre moulin ». De mon point de vue, dans ce contexte, la performance bien conçue doit être liée à la qualité de l’équitation pratiquée. Chez l’amateur elle permettra d’évaluer leur niveau de  formation et leur capacité d’adaptation par rapport à des contraintes raisonnées et mesurées. La compétition pour ce public doit permettre de légitimer le positionnement des professionnels dans la filière équestre. Dans ce sens là, je ne sais pas si les épreuves au chronomètre sur le même modèle que les parcours « pro » sont les plus adaptées. Certes nous les vivons souvent de la même façon en métropole.
Un inconvénient de la pratique du sport équestre dans votre contexte est qu’isolés, vous avez tendance à fonctionner en vase clos, mais l’avantage peut être que vous pouvez beaucoup mieux maîtriser l’organisation et le degré d’exigence des différents niveaux d’épreuves afin de les adapter à vos objectifs. Vous êtes dans un milieu protégé, à échelle humaine, dans lequel il est plus facile d’éviter les dérives. Je pense que c’est un point fort sur lequel il faut s’appuyer dans tous les secteurs, compétition, examens fédéraux formation BP … Il faut valoriser vos points forts. Cela en est un indéniablement.


Voilà quelques idées et impressions à l’issue d’un séjour trop court pour pouvoir réellement appréhender la problématique dans laquelle vous évoluez en permanence. Bravo en tout cas pour la motivation et l’énergie que vous dépensez au profit de l’équitation sur l’île.
Amitiés à tous.
Jean Luc Force

 


En savoir plus sur Jean-Luc Force : Cavalier professionnel pendant 30 ans, professeur à l'Ecole Nationale d'Equitation et écuyer du Cadre Noir de Saumur, Jean Luc Force a percé au plus haut niveau mondial avec son cheval Crocus Jacob. A l'aube du 3e millénaire, ce couple a été présent dans toutes les plus hautes compétitions internationales. Il a occupé les fonctions de directeur technique national (DTN) pour les sports équestres en France de 2005 à 2007.
Il est aujourd'hui à la tête d'une petite entreprise de coaching, de conseils et d’initiateurs de stages sur le travail des chevaux.
Source : Wikipédia

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